top of page

La réactivation des luttes : réhabilitation identitaire entre féminisme et magnificence

Dernière mise à jour : 25 oct. 2023


Les artistes contemporains face aux problématiques autour des cheveux " crépus
© Soumayatou SAMARE

Ce quatrième volet de la série d’articles « Les artistes contemporains face aux problématiques autour des cheveux " crépus " », vient éclairer la manière dont les artistes actuels intègrent ce marqueur identitaire en tant qu'objet conceptuel, au cœur de leur engagement et exploration identitaire.


1. Le Sculptural Hair ou la sculpture sur cheveux


1.1. Un concept artistique ou purement esthétique ?


Le Sculptural Hair rappel le travail d’Ojeikere comme l'expose le deuxième numéro de la série d'articles « Les artistes contemporains face aux problématiques autour des cheveux "crépus" ». À travers sa démarche photographique distinctive, Ojeikere s'est dédié à magnifier puis à mémoriser certaines sculptures capillaires d’Afrique. Tout comme son travail, le concept du Sculptural Hair se base sur un emprunt des connaissances et des savoir-faire ancestraux des pratiques capillaires africaines. Il consiste à créer des coiffures capillaires sculpturales, à travers un processus de manipulation du cheveu impliquant ou non d’autres accessoires (extension, parures, perruques etc.).


La pratique a acquis un statut universel, lorsque certains artistes lui associent d’autres styles capillaires issus d’autres peuples avec une dominance d'accessoires synthétiques que le cheveu crépu, comme observé dans le travail de Joanne Petit-Frère ou de Shoplifter. Il s’agit avant tout, d’une pratique de valorisation du cheveu "crépu" et une réaffirmation de l’identité Noire où plusieurs approches sont à distinguer. D'une part, le Sculptural Hair se manifeste comme une démarche exclusivement artistique, tandis que dans une autre perspective, il est employé dans un contexte esthétique, comme en témoignent les salons de coiffure.


Quelle que soit la catégorie considérée, cette pratique demeure artistique puisque la dimension sculpturale recherchée est perçue comme artistique, depuis son origine ancestrale, impliquant un savoir-faire significatif, comme observé dans les travaux d'Ojeikere.




1.2. Laetitia Ky : La performance entre photographie et vidéo


Depuis 2016, Laetitia Ky s'engage activement dans une pratique artistique militante, axée sur la sculpture capillaire, combinant des perspectives féministes et des questions liés à la race. Elle exprime son travail à travers des performances vidéos et photographiques, des peintures, centrées sur la femme ainsi que l'identité Noire. Originaire d'Abidjan en Côte d'Ivoire et née en 1996, Laetitia Ky poursuit ses activités dans sa ville natale. Affirmant son affiliation à l'esthétique afropunk, elle puise son inspiration dans la mode , le mouvement #MeToo et baptise ses créations sculpturales Ky braids. Elle fait en outre des réseaux sociaux, une réelle force de diffusion de ses convictions artistiques.


Démarche artistique


Privilégiant la spontanéité, elle fait de ses propres cheveux et de son corps ses médiums de travail, en ayant souvent recours à du fil de fer, de la laine noire comme accessoires. Ainsi, sur des tresses simples, initialement réalisées en formes souvent longues sous forme de vanille (3) à base de laine, elle y ajoute du fil de fer puis progressivement, avec de la laine supplémentaire, elle fixe le tout en créant des figures souhaitées rien qu’à la main. Finalement, l’artiste immortalise ses œuvres à travers des photographies qu’elle publie sur ses différents réseaux sociaux. Des performances donc matérialisées en images fixes.

Elle y poste également de courtes vidéos ou elle exécute des performances, soit sous forme de tutoriels réalisant une œuvre (montée en accélérée et sur fond musical sans sa propre voix), ou soit sous forme de scène où l'artiste endosse de multiples rôles (celui de fille stigmatisée, celui d’une actrice potentielle de film etc.). Dans cette seconde catégorie, il s’agit de vidéos montages avec des juxtapositions de textes, sur fond sonore ou musical où Ky (coiffée selon le sujet abordé), joue un rôle : elle raconte ainsi des récits ou partage des expériences avec des textes et ou paroles musicales, pour dénoncer, interpeller, sensibiliser, ou opérer un changement dans les imaginaires. Par exemple, sur une performance, elle utilise ses cheveux sculptés en forme de mégaphone pour interpréter un court passage de chanson en anglais dont la parole est la suivante :

« Je ne te dis pas ce que tu dois dire, je ne te dis pas ce que tu dois faire, alors laisse-moi être moi-même. C’est tout ce que je te demande. ».


Objets du quotidien, animaux, motifs très expressifs parfois comiques et engagés, sont entre autres les éléments visuels composant ses œuvres axées sur une diversité de thématiques à la fois universelles et/ou centrées sur l’identité des femmes africaines.


Analyse d'œuvres


Sur une œuvre publiée les 29 mai 2017 et 10 octobre 2019 sur la page facebook de l'artiste, sans titre, Ky porte une coiffure sous forme de mains, sur le point de lui poser des lunettes de lecture. L'artiste elle-même tient dans ses mains, un livre bleu ouvert avec comme titre (la maîtrise de soi et le destin avec les cycles de la vie). Son regard est dirigé vers l’objectif comme pour passer un message du haut de ses lunettes posées sur son nez. Le fond pictural de l’image est jaune clair. Cette photo d’apparence comique peut être interprétée comme une représentation de la femme qui bouscule les stéréotypes dans la société africaine selon lesquelles, la place de la femme serait dans la cuisine (4) ou au foyer. Il s’agit là de l’image d’une femme qui s’instruit renvoyant au droit des femmes à l’éducation. En parallèle, le titre du livre renvoie à la question du recentrement de la femme sur elle-même en outre abordée par l'artiste américaine Lorna Simpson (5), révélant la dimension pédagogique du travail de l’artiste.


Sur une autre photo publiée toujours sur facebook 13 janvier 2018 sans titre, Ky déconstruit également ce stéréotype autour de la femme selon laquelle, une belle femme africaine serait celle avec des rondeurs. On l'aperçoit donc enveloppée d’une tresse qui exagère ses atouts naturels (sein et fesses). L’artiste dans son œuvre, à travers son corps, remet en cause les diktats esthétiques patriarcaux. Finalement, Ky endosse ainsi une double mission dans sa démarche de retournement des imaginaires : déconstruction des imaginaires africains en combattant le racisme intériorisé (6), puis le racisme de façon générale (réappropriation et repositionnement du cheveu africain comme marque de beauté).


Un autre combat que mène l’artiste en analysant une de ses œuvres publiée sur sa page facebook le 05 juillet 2020, est de participer à la construction d’un cadre de référence esthétique inclusif pour les plus jeunes. En effet, elle se représente en sirène sur une photo, sans titre. Cette œuvre rappelle sans doute, les récentes polémiques parfois racistes qui ont eu lieu sur les réseaux sociaux et certaines antennes télévisées autour du géant du divertissement Walt Disney. Pour cause, ce dernier a fait le choix de voir en la petite sirène 2023, Halle Bailey une actrice et chanteuse Noire portant des dreadlocks.


Pour revenir à l'œuvre de KY, la structure capillaire sous la forme d’un animal mythologique, associée au déguisement de l’artiste en sirène, correspondent exactement à ce besoin d’imaginaire pour les enfants africains. Iels sont submergé.es de dessins animés ou de films dans lesquels iels ne se reconnaissent pas, et finissent par considérer la peau claire et les cheveux lisses comme idéaux de beauté. Ce constat est clairement évoqué (7) par la cinéaste américano-ghanéenne Akosua Adoma Owusu dans son œuvre The Hair Trilogy (2009, 2012, 2019) ou l’humoriste américain Chris Rock , dans le film Hair is Good (2009).


Dans une autre photographie du même ton, on y voit l’artiste porter une coupe capillaire qui semble magnifier cet univers enfantin, mais tout au contraire. Puisque, derrière une allure de jeu d’enfant, se cache la triste réalité de plusieurs femmes qui se font agresser dans les rues et même dans les foyers. L’image montre un homme soulevant la jupe d’une femme. Celle-ci, à voir l’expression de son corps, tente de se défendre. Cette œuvre sans titre créée en 2017 et publiée en novembre de la même année sur la page facebook de l’artiste, vient en écho au mouvement #metoo dans le monde qui s’est considérablement développé cette année-là sur les réseaux sociaux où l'artiste est très présente. Ky met ainsi son travail au service de la cause des femmes Noires et au-delà, de la cause féminine en général, comme le témoignent ses récentes œuvres en prise avec l’actualité.


En effet, en hommage au récent décès en Iran d’une jeune femme de 22 ans, Mahsa Amini, pour cause des brutalités de la police des mœurs iraniennes, Ky réalise une œuvre capillaire sans titre qu’elle publie le 21 septembre 2022 sur sa page facebook. La photographie montre une tresse en forme de voile, rappelant la cause de l’arrestation de la jeune femme (arrêtée parce que le voile ne couvrirait suffisamment pas les cheveux). Par ce geste, l'artiste une fois encore, fait de sons corps, la vitrine des malaises des femmes. Cette œuvre questionne ainsi la religion, la culture de la pudeur, la liberté, le choix, l’hypersexualisation et bien d'autres notions en lien avec l'oppression des femmes. L'habit de l’artiste, laissant deviner la structure de ses seins, représente un acte fort lorsque cet élément est rapporté au contexte religieux de l'œuvre. Cet acte de se dissocier des standards de beauté considérés patriarcaux en ne portant pas de soutien-gorge, envoie un signalement fort comme pour tenir pour cause de ce drame, le patriarcat.


Sur une photographie du 5 août 2022 publiée sur sa page facebook, sans titre l'artiste porte une structure capillaire en forme de vagin, duquel semble s’écouler un liquide blanc. En associant cet attribut naturel à son image comme dans plusieurs de ses œuvres, Ky semble matérialiser sa définition de la femme. Une position créant polémique puisque pour plusieurs, elle exclut de cette définition, la catégorie transgenre qui compte des personnes se considérant femme. En effet, l'artiste affirme sur son compte Facebook, subir des menaces de censure de son travail et de mort car elle est jugée transphobe. Quoi qu’il en soit, Ky assume pleinement sa conception et la matérialise par les phrases suivantes, extraites de sa page Facebook :


« L’oppression des femmes est basée sur le sexe et il y a une différence entre les expériences des femmes et des femmes trans. [...] Je n'utiliserai jamais un langage avec lequel je ne suis pas à l'aise et je ne ferai jamais semblant d'être d'accord avec quelque chose si ce n'est pas le cas. ».

Publication Facebook de Ky, 12 août.


Ky matérialise la fermeté sur sa position par une autre œuvre qu'elle réalise à la suite des critiques qui lui sont faites sur sa définition de la femme. Sur une image publiée le 12 août 2022 sur sa page facebook, sans titre, dévêtu, Ky porte une coiffure qui part de sa tête en passant par son dos pour se réunir sur sa poitrine entre ses seins tout en cachant ces derniers. Le croisement des extensions est scellé par un cadenas fermé et pourrait être interprété comme la fermeté de la position de l’artiste. L'œuvre offre donc une lecture littérale de la ferme pensée de l’artiste sur la définition de la femme qu’elle assume complètement.


Finalement, travail de Ky tourne en dérision certains clichés sur la femme pour décloisonner les mentalités. Parfois sous un ton visuel provocateur elle fait de ses propres cheveux, des œuvres d’arts sculpturales à travers lesquelles elle questionne la place de la femme, la définition de celle-ci, ainsi que les tabous et stéréotypes qui lui sont associées. Elle même coiffeuse de son art, fait de son corps une vitrine de revalorisation de l’histoire collective des africaines puis de matérialisation des souffrances féminines. Usant de détournements, de montages, de juxtapositions, le sens de ses œuvres est quelquefois littéral selon la structure du cheveu. Un sens qui, d'autres fois, nécessite un décryptage à la croisée de plusieurs thématiques. L’artiste se saisit donc du caractère symbolique du cheveu pour opérer une double résistance à la fois contre les détracteurs de l’identité Noire puis ceux des femmes en général : déstéréotyper les imaginaires sans distinction d’âge en utilisant photographie, vidéo, performance, peinture.


Une autre artiste, Delphine Diaw Diallo, œuvre pour la cause féminine en abordant entre autres le Sculptural Hair, mais avec une tout autre démarche artistique.


Références

(3) Un modèle de tresse africain

(4) Ibid.

(5) Soumayatou SAMARE , « Les artistes contemporains face aux problématiques autour des cheveux "crépus "», Numéro 2.

(6) Fanon Frantz, Peau noire, masques blancs, Éditions Seuil., Paris, 1952.

(7) Soumayatou SAMARE , « Les artistes contemporains face aux problématiques autour des cheveux "crépus "», Numéro 3.



2. La structure capillaire entre activation et réactivation


2.1. Delphine Diaw Diallo : la réactivation des énergies opprimées à travers le jeux de l’activation de l’œuvre


Artiste plasticienne et photographe franco-sénégalaise, Diallo est basée à Brooklyn. Diplômée de l'Académie Charpentier des Arts Visuels de Paris en 1999, elle inscrit son travail dans une logique de création de récit avec au centre, la femme afro-descendante. Une façon de dépeindre les stéréotypes assignés à celle-ci.

Dans sa série Altesse, l’artiste dresse le portrait de la femme Noire par le prisme entre autres de la mémoire capillaire africaine et la création de récits. Dans cette série, Diallo passe par la magnificence du cheveu pour élever la femme et en présenter une vision déstéréotypée. Sur deux des clichées, portant un masque capillaire, l’artiste matérialise sur l’un, la femme vulnérable et sur l’autre, la femme pleine de force. La lecture simultanée de ces deux œuvres présenterait la femme comme un être vulnérable et plein de force.

Altesse se positionne donc comme un contre récit de la vision patriarcale de la femme (souvent perçue comme un sexe faible), en offrant une vision de femme puissante. Le titre de la série exprimant clairement cette vision de femme forte, présente « [...] l’archétypes de la femme noire : l'exploratrice, la reine, la déesse, l'innocente, la sage, la mère, la soignante, la dirigeante, l'amante, la guerrière spirituelle, la magicienne, l'everywoman, tant d'autres[...] » (8), révélant ainsi, une énergie autrefois opprimée.


Sur plusieurs clichés de sa série, il Diallo réalise un double détournement. Celui de son corps et celui du travail capillaire de Joanne Petit-Frère (évoqué plus haut), pour les mettre au service de l’autonomisation de la femme. En effet, en portant les masques capillaires (créations de Petit-Frère), Diallo s’approprie (déplace) l’œuvre de ce dernier d’un point de vue conceptuel, puis détourne son corps pour leur insuffler un autre sens : chaque photographie devient l’allégorie de la femme Noire.

Ce déplacement de l'œuvre capillaire peut être interprété comme un acte d’activation, où l'œuvre de Petit-Frère n’acquiert de sens que lorsqu’elle est portée. L’activation de l'œuvre questionne ainsi, le rapport artistique entre les travaux de Petit-Frère et Diallo. Quoi qu’il en soit, les deux artistes placent la réaffirmation identitaire de la femme africaine-américaine au centre de leurs travaux.

En effet, la démarche artistique de Petit-Frère s’inspire des créations capillaires africaines et des perruques occidentales du 18ème siècle, pour interroger l’identité Noire, la féminité et la valeur ornementale du cheveu. Il associe par ailleurs la performance à sa démarche par le biais d’autres artistes pour insuffler de la vie à ses créations (activation), qui, généralement, sont présentées sur des modèles de mannequins artificiels.


La mode, est ce que nous évoque certaines photographies de Medina Dugger, dans sa démarche de réactivation du travail d’Ojeikere mentionné plus haut.


Référence

(8) Delphine Diallo, « Bio - Delphine Diallo », http://www.delphinediallo.com/bio.




2.3. Medina Dugger ou Ojeikere en couleur


Artiste californienne, Dugger a étudié à l'Institut photographique Spéos à Paris en 2010, et est basée depuis 2011 à Lagos, au Nigéria. Son travail, au croisement de la photographie, le collage, la peinture, la vidéo et les images/Nfts animées, aborde entre autres l'identité, le style.


Dans sa série Chroma : An ode to JD 'Okhai Ojeikere (2017), l’artiste a choisi d’actualiser la mémoire des cheveux crépus, en l’adaptant aux mutations capillaires de son temps. Dugger perpétue donc le travail de mémorisation d’Ojeikere en y apportant une touche colorée. Elle montre la réadaptation actuelle des coiffures associées au style vestimentaire comme le montrent « Green Tea Cup » et « Orange Koroba with Pony » deux extraits de la série.


Du point de vue technique, les photographies de l’artiste restent toujours dans la veine du travail d’Ojeikere : fond neutre, prise de vue de profil et de dos majoritairement. Cependant, Dugger tout en y apportant un côté punk, invite le spectateur à centrer son regard à la fois sur les cheveux et l'habille du modèle.


En effet, elle inclut dans ses prises, le buste, contrairement aux prises d’Ojeikere qui se limitent à la mise en valeur uniquement de la tête. Ainsi, sur « Green Tea Cup » et « Orange Koroba with Pony », le spectateur est convoqué à faire le lien entre la coiffure et l’habillement. Le titre et l’enchevêtrement des couleurs y participent. Par exemple, dans le titre Green Tea Cup, le vert (green) renvoie à la fois au vert de la robe et aux cheveux du modèle photographié. Le Cup évoque la forme de la coupe du cheveu qui ressemble à une tasse. Le rouge de la robe fait lien avec le fond de l’image. Il est à noter dans la démarche de l’artiste, une empreinte minimaliste en quête d’harmonie parfaite entre les couleurs et les formes. Les coiffures, composées de laines et d'extensions aux couleurs vives ont été créées par Ijeoma Christopher, qui a utilisé des techniques de tresses d’inspiration ancestrales. Ces coiffures révèlent les mutations capillaires actuelles influencées souvent par le style vestimentaire des femmes. L’hybridation entre cheveux et styles vestimentaires dans le travail de Dugger, est ce qui fonde certaines pratiques artistiques qui, à travers les nouvelles technologies, défient les imaginaires. Pour aller plus loin, lire « La réactivation des luttes : Entre le réel et la fiction ».

En somme, en convoquant le cheveux « crépu » comme objet conceptuel de leur réflexion, les artistes révèlent la force matériel et conceptuelle de ce marqueur identitaire dans la reconquête des imaginaires très stéréotypés autour de la femme racisée. Le Sculptural Hair participe donc à cette reconquête à travers, entre autres, les travaux de Laetitia Ky. Celle-ci faisant de son corps et de ses cheveux précisément, la vitrine des traumatismes des femmes dans le but de bousculer les mentalités cloisonnées. Dans ce même contexte, les travaux de Delphine Diaw Diallo entre activation artistique et détournement de son corps, révèlent l’archétype de la femme Noire. Les travaux de Medina Dugger quant à eux, apportent une version actuelle du travail de mémoire autour du cheveux au croisement de la mode.

Performance, photo, vidéo sont autant de moyens dont usent les artistes pour se saisir du cheveu comme moyen de réactivation des luttes identitaires entreprises depuis l’esclavage et la colonisation, face aux problématique actuelles encore persistantes autour du cheveux « crépus ». Ce dernier, déjà convoqué dans certains travaux d’artistes dans les années 60 comme les états-uniens Lorna Simpson, David Hammons, le nigérian J. D. 'Okhai Ojeikere ou la sud-africaine Tracy Rose dans les années 90, dépasse le cadre d’une réhabilitation identitaire pour traiter de la mémoire, la réappropriation historique, l’affirmation et la réappropriation identitaire. Pour en savoir plus, lire « L’histoire des cheveux crépus au croisement de l’art : Le cheveu à la fois matériau et sujet de résistance ».


 


Bibliographie


« Bio - Delphine Diallo », Delphine diallo, http://www.delphinediallo.com/bio.

COLLECTIF TEXTILE, « Joanne Petit-Frère », 17 novembre 2014, https://collectiftextile.com/joanne-petit-frere/.

COLLECTIF TEXTILE, « Shoplifter », 25 juillet 2012,

Diallo Delphine , « Bio - Delphine Diallo », http://www.delphinediallo.com/bio.

Diallo Delphine, « Highness - Delphine Diallo », http://www.delphinediallo.com/highness.

Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs, Éditions Seuil., Paris, 1952.

« Joanne Petit-Frère - Biography », Philip Martin Gallery, https://philipmartingallery.com/artists/75-joanne-petit-frere/biography/.

« Laetitia Ky, poing levé et cheveux tressés » , émission ARTE, TRACKS, 2021.

L’interview girl power de Laetitia Ky, 2021.

SAMARE Soumayatou , « Les artistes contemporains face aux problématiques autour des cheveux "crépus "», Numéro 4, 16 octobre 2023.

SAMARE Soumayatou , « Les artistes contemporains face aux problématiques autour des cheveux "crépus "», Numéro 1.

SAMARE Soumayatou , « Les artistes contemporains face aux problématiques autour des cheveux "crépus "», Numéro 2.

SAMARE Soumayatou , « Les artistes contemporains face aux problématiques autour des cheveux "crépus "», Numéro 3.

SAMARE Soumayatou , « Les artistes contemporains face aux problématiques autour des cheveux "crépus "», Numéro 5.

SAMARE Soumayatou , Les artistes contemporains face aux problématiques autour des cheveux « crépus ». Mémoire de Master 2, Métier et Art de l'Exposition (MAE). Université Rennes 2, 2022.

The Art Momentum, « Medina Dugger: a kaleidoscope of audible colours », 29 mars 2019, https://theartmomentum.com/medina-dugger/.





Comentários


contactez-nous autrement

+33(0)753423450

  • LinkedIn
  • Instagram
  • Facebook
© 2025 Copyright Windssol - Tous droits réservés.
bottom of page